Samourai Shampoo

Aujourd'hui, on sort des sentiers battus de la mode et de la beauté pour parler de manière plus concrète d'entreprenariat. Entreprenariat féminin bien sûr(!), mais également suisse, car c'est avec une genevoise que je me suis posée le temps de quelques questions.

Je vous avais déjà parlé du Funky Brunch il y a quelques mois lors de la 1ère édition française au Mandarin Oriental de Paris. J'ai récemment eu l'opportunité de rencontrer la co-fondatrice, Jacqueline Chelliah, autour d'un café pour en savoir plus sur sa vie d'entrepreneuse et ses aspirations. Interview passionnée d'une jeune trentaine pleine d'énergie, d'idées, de doutes (aussi) et de niaque (surtout).

 

©Carole Parodi

 

Dis-nous Jacqueline, qu’est-ce qui te motive le plus dans l’entreprenariat?

Sans aucun doute, la création. Et le fait de voir un projet - qui part à la base d’une idée sur un bout de papier - prendre vie.

 

À ton avis, quelles sont les qualités nécessaires pour mener à bien un projet comme le tien?

Croire en soi et savoir trouver, identifier et repérer des gens qui croient en ton projet et qui sont prêts à s’investir sur le long terme. Et surtout... être prêt à tout faire.

 

Est-ce que ça veut dire qu’il faut être prêt à sacrifier sa vie personnelle aussi?

Oui, de mon point de vue, ça fait un peu partie du jeu. La réalité, c'est que ça fait un an que je ne vois que très rarement le peu d’amis que j’ai. Mais je me dis que le sacrifice sera payant sur le long terme. Quand on se lance dans ce type de projet, il faut pouvoir s'y consacrer à 100% et la vie personnelle passe souvent au second plan (du moins au début).  C'est pourquoi il est important d'avoir des personnes autour de soi qui comprennent et soutiennent ta démarche. Car sans eux, tu peux rapidement sombrer devant la montagne de choses à faire qui t’attend au quotidien.

 

Penses-tu que l’esprit d’initiative et d’entreprise soit assez valorisé en Suisse?

Pas du tout. Depuis l’enfance, j’estime qu’on nous apprend à tous réfléchir de la même manière et à suivre des chemins professionnels tous tracés. En même temps, on vit dans un des meilleurs pays au monde en terme de structure, ce qui explique que l’état n’encourage pas vraiment l’entreprenariat – qui est encore considéré aujourd'hui comme un chemin de vie "parallèle". Par contre, je pense que l’école pourrait encourager les élèves à être plus créatifs, à prendre leur vie en main et à réfléchir d’une manière moins conventionnelle.

 

As-tu remarqué des différences notables entre les Funky Brunchs en Suisse et ceux en France en terme de présences, d’engouement et de retours (presse par exemple)?

L’engouement a été le même, mais j’avoue avoir été très surprise par le succès rencontré lors de la 1ère édition parisienne. Vu le nombre de brunchs qui ont lieu à Paris chaque week-end, je ne m’attendais pas à ce que ça marche aussi bien. En même temps, on savait qu’il fallait frapper un grand coup avec un événement spectaculaire. C’est pourquoi nous avions décidé de le faire au Mandarin Oriental avec un chef emblématique comme Thierry Marx. La seconde édition il y a une semaine au Jamel Comedy Club m'a confirmé que le concept peut effectivement s’exporter à l’étranger!

 

Le reste de l'année 2016 va-t-elle vous amener encore plus loin?

À priori oui. On va continuer à se développer sur Genève et la Suisse Romande, aller jusqu’à Zürich et retourner à Verbier. Au niveau international, on aimerait retourner à Paris, s’installer à Londres et finalement, organiser les 3 ans de Funky Brunch à New York en décembre pour finir l'année en apothéose. On souhaite également offrir de nouvelles prestations à nos Funky Bruncheurs en s'associant à des marques et proposer à celles-ci (et à d'autres) une visibilité accrue durant nos événements. Affaire à suivre donc…

 

Que souhaites-tu que devienne, à terme, l’expérience "Funky Brunch"?

Je veux que l’esprit Funky Brunch reste chaleureux, convivial et funky. On va continuer à proposer de vraies activités pour les enfants, et non pas une simple nounou ou une télé. À terme, j’aimerais que les Funky Brunchs aient lieu les samedis et les dimanches partout dans le monde et qu’une grande chaîne hôtelière rachète le concept pour continuer à le développer.

 

Mais vu toute l'énergie que tu y as mis (et que tu continues à y mettre), pourquoi vendre le concept? Que penses-tu que ça va vous apporter, à toi et aux Funky Brunchs?

En fait, je suis avant tout quelqu'un de créatif. J'aime par-dessus tout avoir des idées, les voir prendre vie et pouvoir les partager avec tout un chacun pendant le plus longtemps possible. Si je réussis un jour à revendre la marque Funky Brunch, ça sera la preuve pour moi que mon idée était bonne, car elle m'aura apporter assez de temps et d'argent pour me permettre de créer de nouveaux projets.

 

Et si tu devais donner un conseil à quelqu’un qui voudrait se lancer dans l'entreprenariat?

Avant tout, je lui dirais de prendre son temps. Ne pas le faire – comme je l’ai souvent fait moi-même – à la hâte. Même si ça prend quelques années, il est indispensable d’avoir une stratégie et un business plan qui tient la route. De plus, il est vital - et j'insiste là-dessus - de savoir bien s’entourer!

 

Merci à Jacqueline pour sa franchise et sa disponibilité! 
Pour en savoir plus sur elle: Portrait dans La Tribune de Genève
Funky Brunch à suivre sur: Website, Facebook, Twitter et Instagram.

 

 

Facebooktwittergoogle_pluspinteresttumblrmail

Leave a Reply