Samourai Shampoo

L'aventure "In the City" continue! Après Gerda, je vous invite à en apprendre plus sur l'histoire capillaire de Sibi...

 

Sibi_01

 

Hello! Peux-tu te présenter en quelques mots?

Bonjour, je m’appelle Sibi, j’ai 40 ans et je suis française d’origine togolaise. Biologiste de formation, je vis et travaille en Suisse depuis 5 ans dans l’industrie pharmaceutique.

 

Parles-nous un peu de ton histoire capillaire. Depuis quand, et pourquoi, portes-tu tes cheveux au naturel?

Comme la plupart des femmes d’origine africaine, j’ai bien évidemment grandi dans la "culture" de l’esthétique capillaire agrémentée de tissages, pose de perruques et postiches, tresses et j’en passe… Comme c’était sympa de pouvoir passer du court au long, du bouclé au raide, et à mes propres cheveux… défrisés bien sûr, il était hors de question de montrer "ma vraie nature" aux yeux du monde.

À cette époque, il était très agréable d’entendre : « Ah, vous les Noires, vous pouvez vraiment tout faire avec vos cheveux! », et de pouvoir expérimenter le fameux "white girl flow"!! Petite anecdote en passant: un jour, au collège,  j’avais décidé de porter mes propres cheveux défrisés, mais il a fallu qu’il pleuve ce jour-là. Je tairai ce à quoi je ressemblais, mais je vous laisse imaginer les railleries de mes copines…

En bref, malgré toutes ces agressions mécaniques et chimiques qui ont pour conséquence de provoquer irritations, démangeaisons, brûlures et/ou pelade, je préférais subir cet enfer, en pensant qu’il n’y avait pas d’autres moyens de pouvoir s’accepter. En effet, le message était bien passé: « les cheveux crépus, c'est pas beau ».

En 2005, quand une de mes amies me confia en avoir assez de tous ces artifices, ma première réaction a été de m’exclamer: « QUOOOOOOOIIIIIII, mais comment tu vas faire pour coiffer tes cheveux ??!!?? ». Elle m’a alors conseillé de faire un diagnostic capillaire. J’y suis allée avec une certaine assurance, car j’avais de beaux et longs cheveux défrisés (malgré une chute de cheveux que je refusais de reconnaître à l’époque). Je ne pensais vraiment pas avoir de soucis capillaires, mais le verdict tomba: cuir chevelu asséché, cheveux se dédoublant dès la pousse, bulbe atrophié... Ma coiffeuse a été catégorique: « Sibi, si tu continues à utiliser ces produits, tu finiras chauve ».

J’ai arrêté pendant quelques temps, mais ne sachant plus comment gérer mes repousses, j’ai fini par choisir la facilité. Je me suis à nouveau défrisée avec un produit soi-disant doux et sans soude… et j’ai perdu les ¾ de mes cheveux. Je n’avais plus que mes larmes pour pleurer.

D’un commun accord avec ma coiffeuse, je me suis rasée la tête, puis nous avons eu une longue discussion sur l'hygiène de vie, ainsi que les soins capillaires en termes d’hydratation et de nutrition. Ma coiffeuse était une véritable technicienne du cheveu. Et moi, malgré mes nombreuses années d’études en biologie de la peau et du cheveu, j’ai pris conscience que j'avais quand même fait l’impasse sur ma propre nature.

Depuis 2006, le processus de désaliénation s’est mis en route pour une meilleure connaissance du cheveu afro et de mon histoire… et aussi pour me départir de tous ces préjugés absurdes du type: « il faut tirer le cheveu noir pour qu’il pousse, le cheveu noir ne pousse pas, le cheveu noir est anarchique, il faut graisser le cheveu noir car il brûle en hiver, etc. ». En effet, le cheveu crépu est un cheveu qui a besoin d’être soigné au même titre que les autres!!

Donc… pourquoi porter mes cheveux au naturel? Ben, parce que c’est MOI, tout simplement. Je veux prendre soin de moi, donc je prends aussi soin de mes cheveux.

 

Wow! Ça c’est du témoignage... Peux-tu nous en dire plus sur ta texture et ton type de cheveux?

Je porte les cheveux courts et ils sont plutôt faciles à entretenir et à coiffer. Ils ont une texture fine et une tendance à être secs. Ils peuvent casser très vite s’ils sont mal entretenus. Je dois donc impérativement maintenir une hydratation quotidienne.

 

Justement, en parlant d'hydratation, comment s'organise ta routine capillaire?

Le matin, j’hydrate mes cheveux avec de l’eau ou avec un complexe eau-hydrolat (camomille, lavande, etc.). Puis, pour maintenir l’hydratation, je les nourris avec un mélange baume-crème à base de karité et d’huiles d’amande douce et de jojoba (produits du Centre Clauderer, Chantilly de Karité Les secrets de Loly).

Un soir sur deux, je me fais des tortilles avec le baume et la crème.

En ce qui concerne le shampooing, je me lave les cheveux une fois par semaine. Pour ce faire, j’utilise une crème lavante ou le Moisture Retention Shampoo de Shea Moisture. Et tous les 10 à 15 jours, je fais également 2 autres soins avant mon shampooing: un gommage capillaire avec le Gommage Bouleversant d’Aménaïde, puis j’applique un masque capillaire régénérant que j’ai élaboré moi-même.

 

Et quelle est ta coiffure de prédilection?

Je n’ai pas vraiment de coiffure de prédilection car je change assez souvent de style, mais j’avoue aimer l’allure qu’ont mes cheveux une fois que je défais mes tortilles.

 

Dis-nous quelle est la chose que tu aimes le plus, et celle que tu aimes le moins, à propos de tes cheveux naturels?

Il n’y a pas vraiment une chose que j’aime particulièrement à propos de mes cheveux naturels, si ce n’est le plaisir de me lever tous les matins et d’éprouver cette satisfaction de prendre soins de MES cheveux. Cela étant dit, mes cheveux deviennent secs un peu trop rapidement à mon goût, ce qui nécessite une certaine vigilance quant à leur hydratation.

 

Est-il facile pour toi de trouver des produits capillaires qui te conviennent?

Dans les commerces de proximité, il n’est pas facile de trouver des produits capillaires à ma convenance, peut-être parce que je recherche essentiellement des produits BIO. C’est pourquoi je parcours très souvent le net pour trouver des produits que je juge adéquats pour mes soins. D’autre part, je m’emploie de plus en plus à fabriquer mes propres produits cosmétiques.

 

Merci d’avoir répondu à mes questions Sibi! Y a-t-il quelque chose d'autre que tu aimerais partager avec nous pour conclure?

Oui, j’ai récemment assisté à la Natural Hair Academy qui s’est tenu à Paris le 15 mars dernier, et j’ai vraiment apprécié la qualité du contenu de cet évènement. Les aspects techniques, scientifiques, socioculturels de l’hygiène et des soins capillaires ont tous été abordés d’une manière que j’ai trouvé très interactive. Je souhaiterais qu’il y ait de plus en plus de conférences et d’ateliers de ce type en Europe. J’encourage d’ailleurs vivement les femmes et les hommes d’origine afro-antillaise à y participer!

 

Facebooktwittergoogle_pluspinteresttumblrmail

Leave a Reply